Françoise Albasini : « Nous allons dans le sens du développement durable »

Suite au Salon de l’Emballage qui s’est terminé le 25 novembre dernier, Françoise Albasini, rédactrice en chef d’Emballage Digest, revient pour Paymal Network sur l’état du marché, et les tendances du moment.

Comment se porte le marché de l’emballage aujourd’hui ?
Globalement, le marché se porte un peu mieux qu’en 2009. Les sociétés ont une vision relativement optimiste sur 2011, mais restent toutefois prudentes par manque de visibilité. Si les chiffres d’affaires sont assez bons, les marges sont, en revanche, un peu plus érodées, conséquence de la crise et des prix à la hausse des matières premières. Les clients des entreprises d’emballage ne sont pas euphoriques non plus. Tout le monde reste attentif, sans savoir avec certitude ce qui se passera dans les prochains mois. Reste que le sentiment de reprise ressenti à la fin de l’année 2009 s’est confirmé sur 2010.

Quelles sont les grandes tendances du moment ?
Nous allons toujours dans le sens du développement durable, avec l’allègement des emballages, sauf peut-être sur le marché du luxe. On pourrait presque dire que cela fait partie désormais des fondamentaux. Mais il faut savoir qu’en général, la poussée environnementale est proportionnelle au niveau de crise que l’on vit. Chaque fois qu’il y a une crise, on fait appel à l’environnement pour justifier une économie de coût. L’allègement équivaut à un packaging un peu moins cher puisqu’on utilise moins de matière. Mais il y a aussi une réelle volonté de respecter l’environnement tout en rendant l’emballage attractif. Nous assistons notamment au développement des encres à l’eau et des encres végétales, mais aussi de tous les matériaux qui réduisent les impacts négatifs sur l’environnement, par exemple en termes de vernis et de bio matériaux. On essaie aussi de remplacer des plastiques d’origine fossile par des plastiques d’origine agricole. Le programme REACH, qui encadre la nocivité chimique, oblige ainsi les sociétés à trouver de nouveaux procédés.
D’ailleurs, l’emballage est probablement l’un des secteurs industriels qui a fait le plus d’efforts sur le plan environnemental depuis 20 ans. L’emballage ménager est très décrié alors qu’il ne représente que 0,6 % de la totalité des déchets, et 21 % des ordures ménagères.

Cette tendance à la réduction des emballages ne représente-t-elle pas un risque pour le secteur ?
Non. Tout au contraire. Les entreprises de l’emballage ont toujours des solutions à proposer. Mais il faut aussi accompagner ces mesures d’une explication auprès du consommateur. Quand certaines marques ont commencé à alléger les pots de yaourt, le consommateur a eu l’impression d’avoir moins de produit dans son pot ! Aujourd’hui, la plupart des compotes en pot proposées en packs de 4 n’ont pas de fourreau en carton. Mais attention ! Les réductions doivent se faire sans sacrifier la sécurité et l’hygiène des produits.

Propos recueillis par Aurélie Charpentier © AdC – L’Agence de Contenu


 

 
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