Ionna Vautrin, la poésie du design industriel



Comment vous est venu le goût du design ?

Enfant, j’ai longtemps fréquenté un atelier céramique : je pense que c’est là qu’est née ma relation à l’objet. Adulte, j’ai hésité entre design et cuisine, des univers assez proches en termes de conception, de recherches, de tests. J’ai opté pour le design industriel via l’Ecole de design de Nantes Atlantique. Mais récemment, j’ai passé mon CAP de cuisine. Je serais vraiment ravie de collaborer avec un chocolatier ou un industriel agro-alimentaire. Je rêve de dessiner des objets industriels : de l’électroménager, des prises électriques, des batteries de casseroles !

Quels designers vous ont marquée ?

Ettore Sottsass (fondateur du groupe Memphis) et les frères Bouroullec avec qui j’ai travaillé pendant cinq ans. En termes de styles, je suis très sensible à l’Art Nouveau, pour le rapport aux formes organiques, et aux Arts Décoratifs, pour le rapport au décor.

Quel est votre style de design ?

Il est à mi-chemin entre l’organique et le géométrique, avec de la fluidité et de la rondeur. J’essaie de donner de la personnalité aux formes, en travaillant un design familier et attachant, pour permettre aux gens de s’y reconnaître. Mes objets sont simples, spontanés, colorés et joyeux, tout en étant assez techniques.

Comment naît une création de Ionna Vautrin ?

Je possède de nombreux carnets de recherches. Je passe mon temps à griffonner, dessiner, avant de passer à la 3D et aux maquettes. Tout m’inspire : l’univers marin breton pour dessiner la « Binic » de Foscarini, une petite lampe qui ressemble aux manches à air des bateaux, ou l’art de vivre japonais pour « Chouchin », une réinterprétation en verre soufflé des lanternes en papier et bambou. Je suis également très sensible à l’architecture et à la statuaire : mon « Rétroviseur domestique » chez Mini-formes est inspiré du mobilier de rue, et les « Moaïs » chez Tools Galerie sont à l’image des monolithes de l’île de Pâques.

Quelles sont vos pièces cultes ?

La Binic pour Foscarini qui, en raison de son succès, m’a permis de construire une vraie relation éditeur-designer. J’aime beaucoup aussi la Radio « Mezzo » de Lexon, symbolique d’un design simple et personnalisé.

Quelle est votre actualité design pour 2014 ?

Sur le salon Maison & Objet (24-28 janvier), je présenterai trois nouvelles créations pour Lexon (réveil, stylo, lampe de poche), dans la continuité de la radio « Mezzo ». Au Musée des Arts Décoratifs*, dans le cadre du concours WallpaperLab d’A3P**, j’expose mon papier peint « Mirage », pour lequel j’ai remporté le 1er prix. Il joue sur un effet d’optique : une simple trame de points qui, en s’éloignant, dévoile un motif de plante grimpante. Je présente mes dessins à l’exposition « Extraits d’espaces » (du 25 janvier au 15 février, au 22 rue Milton Paris 9e). A Milan (8-13 avril), j’ai conçu pour Serralunga un banc d’extérieur en plastique rotomoulé.

Que pensez-vous des tendances design ?

Même si les tendances présentées sur le salon Maison & Objet m’intéressent, je ne saurais dire quelles seront les incontournables ! En termes de design, j’aime beaucoup ce que fait la marque Hay : des produits simples, évidents, hyper joyeux et peu chers.

Quel est l’élément-clé d’un intérieur réussi ?

Dépareiller, à l’image des chaises autour de ma table de cuisine. Quand tout est trop homogène, cela devient ennuyeux.

Propos recueillis par Véronique Olivier © AdC – L’Agence de Contenu

* du 23 janvier au 11 mai 2014, 107 rue de Rivoli, Paris I ** A3P, Association pour la promotion du papier peint


 

 
Contact

Envoyer un message

Copyrights Partager

Partager sur les réseaux